#3 Fermer le dictionnaire (ou bien les bourses)?

Le Petit Robert a récemment publié la liste de ses nouvelles entrées pour l’année 2013, rituel toujours stimulant pour le rétro-éclairage qu’il pointe sur les évolutions de notre langage. Un langage qui, par ses détours, façonne une langue que des dictionnaires par la suite viendront cataloguer. Dès lors qu’elle n’est plus parlée, dès lors qu’elle n’évolue plus, une langue se tait, s’éteint. Il n’y a plus aucune entrée dans les dicos de latin.
L’exercice est d’autant plus savoureux qu’il découpe la silhouette nouvelle d’une société qui marche ou bien clopine, selon l’air du temps, mais toujours vers devant. Les bibliothèques sont ainsi riches de ce savoir, avec chaque édition des dictionnaires elles possèdent Le « Book », instants tannés, découpés par le fil des ans. Allant par exemple voir si une édition de 1983 le contient, il faudra peut-être attendre de parcourir celle de 1984 pour le reconnaître; la seule certitude étant que depuis lors le mot Sida demeure bien défini. Le monde sera peut-être devenu plus futile car après l’entrée du « tweet » en 2012, le Petit Robert 2013 accueille le « LoL »; le besoin d’évasion est parfois salutaire, sans aucun doute nécessaire. Dans tous les cas, création et diffusion restent les paramètres d’évaluation de l’évolution du langage, faisant ainsi naître les définitions académiques des termes inventés.
La lutte, parfois, semble pourtant plus acharnée qu’il ne parait, comme s’il fallait bien jouer des coudes. Ainsi Standard & Poor’s, pourtant née au milieu du XXème siècle ou mieux encore sa compagne Moody’s, créée à l’aube du siècle dernier pour se faire connaître dans les années 20 et prendre ses lettres de noblesse au milieu des années 70. Pour celles-ci la lutte aura été bien plus rude; là où une maladie et un nouveau média mirent quelques années à s’imposer, celles-ci livrèrent bataille pendant plus d’un siècle avant de se faire véritablement reconnaître. Elles ne vécurent pourtant pas cachées, quiconque dans le « milieu » financier écoutait depuis toujours leurs analyses suivies de leurs pronostics. Aujourd’hui seulement le sort de pays jusqu’ici souverains pend à leurs lèvres et dépend de leur laconique bulletin économique. Aujourd’hui seulement l’économie de la Dette fait disette, là où « autrefois » l’économie ne marchait que sur les prêts, à moins que ce ne fut sur la tête…Ainsi donc, comme une maladie à peine déclarée, comme un média flambant neuf tout juste inventé, les « agences de notations » font leur entrée dans Le Petit Robert édition 2013. La preuve par le contraire en est ainsi faite qu’il y a peu de temps encore, ces souveraines maîtresses de nos économies et de nos politiques, importaient peu à la marche du monde. La direction éditoriale du dictionnaire nous assure en tous cas qu’il n’y a pas de « sorties », chaque mot introduit gardant ainsi sa place. A notre tour, nous ne pouvons que certainement souhaiter que le Sida soit un jour définitivement éradiqué, comme ces terribles maladies des anciens temps dont seul le terme écrit nous rappelle l’existence, tout comme il est certain également qu’une nouvelle invention technologique supplantera ce qui nous semble actuellement l’aboutissement du génie humain. Mais pouvons-nous être certains à l’inverse que les agences de notations, à l’aube de leur reconnaissance officielle et après un si long travail de fond, lâcheront si facilement leur place? Mais du reste, nous laisseront-elles encore le loisir futile d’ouvrir encore un dictionnaire?

Chiudere il vocabolario (oppure le borse)?

Il vocabolario francese Le Petit Robert ha recentemente pubblicato l’elenco delle nuove parole entrate nell’edizione 2013. Questo è un rito sempre stimolante per il controluce che evidenzia le diverse evoluzioni del nostro linguaggio, le cui svolte plasmano una lingua che i vocabolari vengono in un secondo tempo catalogare. Dal momento che non è più parlata, da quando non si evolve più, una lingua tace prima di spegnersi. Non ci sono più entrate nei dizionari di latino.
L’esercizio è tanto più gustoso che ritaglia l’ultima silhouette di una società che cammina o, a secondo dell’aria che tira, zoppica mais comunque sempre avanti. Così, le biblioteche sono ricche di questo sapere, con ogni edizione dei vocabolari esse possiedono Il « Book » degli istant-anni, scattati nel corso del tempo. Cercando per esempio se in un’edizione de 1983 appare già, ci sarà forse da proseguire sull’edizione del 1984 per riconoscerlo; l’unica certezza però sarà che dopo il suo « ingresso », la parole Aids rimane ben definita. Sarà che il modo è diventato più futile, ma dopo l’ingresso di « tweet » en 2012, Le Petit Robert 2013 s’abbellisce del « LoL »; il bisogno di sfuggire è a volte salutare, senza dubbio necessario. In tutti casi, creazione e diffusione rimangono i parametri di valutazione dell’evoluzione del linguaggio, e nascono così le accademiche definizioni dei termini inventati.
A volta però la lotta è più accanita di ciò che sembra e diventa necessario sgomitare. Così Standard & Poor’s, anche se nata nella meta del XX° secolo o, meglio ancora, la sua compagna Moody’s, creata all’alba del secolo scorso prima di farsi conoscere negli anni 20 per prendere poi il volo negli anni 70. Queste dunque ebbero da lottare; laddove una malattia e un nuovo media impiegarono qualche anno ad imporsi, esse battagliarono per più di un secolo prima della vera riconoscenza. Non sarà stato perché vissero nascoste, chiunque nel giro delle finanze ascoltava da sempre le loro analisi e i loro pronostici. Ma è soltanto da oggi che la sorte di paesi fin’qui sovrani dipende dai loro bollettini economici emessi laconicamente. E’ soltanto da oggi che l’economia del Debito fa carestia, quando prima funzionava solo con i prestiti e gli interessi. Così, come una malattia appena comparsa, come un media appena creato, le « agenzie di rating » fanno il loro ingresso in Le Petit Robert edizione 2013. Non è la prova, via il suo contrario, che poco tempo fa ancora queste sovrane amanti dell’economia e dei nostri politici non importavano più di tanto alla marcia del mondo?
La direzione editoriale del vocabolario ci assicura che non ci sono mai parole ad uscire, tutte così tengono il loro posto ben guadagnato. E’ vero però che possiamo solamente augurarci che l’Aids sia ben presto sradicato, come queste terribili malattie dei tempi antichi di cui solo il termine rimasto ci ricorda l’esistenza passata. Ugualmente, possiamo essere sicuri che una nuova invenzione tecnologica spazzerà via ciò che oggi ci sembra il meglio del ingegno umano. Ma possiamo essere ugualmente sicuri che, all’alba della loro riconoscenza ufficiale e dopo un lavoro di fondo così intenso,  anche le « agenzie di rating » lasceranno per sempre il loro posto? Del resto non è nemmeno detto che ci permetteranno di dedicarsi alla futile attività di aprire un vocabolario.

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